L’ombre des sanctions américaines à l’Europe sur le cloud et ce que cela signifie pour la souveraineté européenne

La politique de taxes de Donald Trump met en lumière la dépendance des entreprises européennes aux clouds américains et les risques économiques et stratégiques associés. Elle accélère la réflexion autour du cloud européen, de la souveraineté des données et de la nécessité d’architectures d’hébergement maîtrisées et résilientes.

Depuis le début de l’année 2026, la politique commerciale agressive de l’administration Trump a jeté une nouvelle lumière sur la dépendance européenne aux infrastructures numériques des géants américains du cloud. Le président des États-Unis a annoncé des droits de douane de 10 % applicables dès le 1er février, et pouvant atteindre 25 % en juin 2026, sur les exportations de plusieurs pays européens vers les États-Unis dans un contexte politique tendu lié au Groenland. Ces mesures frappent directement des économies européennes importantes comme la France, l’Allemagne ou les Pays-Bas et ont immédiatement fait chuter les marchés et amplifié l’incertitude autour des relations commerciales transatlantiques.

Pour le secteur IT, ces mesures vont au-delà d’une simple confrontation commerciale : elles soulignent une vulnérabilité stratégique profonde. La domination des fournisseurs américains dans l’hébergement cloud — avec des acteurs comme Amazon Web Services, Microsoft Azure ou Google Cloud — expose les entreprises européennes à des risques économiques et géopolitiques. En effet, au-delà des droits de douane, l’administration américaine pourrait étendre ses revendications à des services numériques ou des infrastructures stratégiques, rendant potentiellement plus coûteux ou incertain l’accès à ces plateformes critiques. 

Mais la menace n’est pas uniquement tarifaire. La dépendance structurelle de l’Europe vis-à-vis des géants américains du cloud se traduit par une part de marché écrasante dans l’hébergement et les services numériques. Dans ce contexte, toute escalade politique ou juridique — y compris de nouvelles menaces de taxes ciblées sur les services numériques — pourrait renchérir les coûts, compliquer la conformité réglementaire et fragiliser la continuité des services IT des entreprises européennes, des PME aux grandes organisations. 

Cette situation crée en revanche un catalyseur pour les ambitions européennes de souveraineté numérique. Outre les discussions autour d’une éventuelle taxation symétrique des services numériques américains, Bruxelles et plusieurs États membres renforcent leur volonté de soutenir des alternatives européennes au cloud des GAFAM, qu’il s’agisse de datacenters souverains ou de cadres de régulation favorisant les fournisseurs locaux. Des initiatives comme EuroStack, visant à construire une infrastructure digitale européenne indépendante, gagnent en visibilité dans ce débat stratégique. 

Pour les décideurs IT, ce contexte géopolitique nécessite une réévaluation proactive des stratégies cloud : diversification des hébergeurs, renforcement des capacités souveraines, et gouvernance rigoureuse des données deviennent des leviers essentiels pour réduire l’exposition aux risques politiques.

Vers des offres de cloud européen

Dans ce contexte d’incertitude commerciale et réglementaire, le cloud européen apparaît de plus en plus comme une alternative crédible et pragmatique. S’appuyer sur des infrastructures opérées et gouvernées depuis l’Union européenne permet de sécuriser l’hébergement des données sensibles, de stabiliser les coûts dans la durée et de réduire l’exposition aux décisions unilatérales extra-territoriales.

Cette approche favorise des architectures sur mesure, adaptées aux contraintes métiers, réglementaires et budgétaires, tout en conservant les bénéfices clés du cloud : scalabilité, performance et disponibilité. Elle s’inscrit dans une logique de maîtrise plutôt que de dépendance, particulièrement pertinente pour les organisations publiques et les entreprises soumises à des exigences fortes de continuité de service.

Chez ANTARES, nos hébergements sont situés dans des Data Centers Français via notre partenaire Equinix.

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Source

  • “Groenland : Trump brandit des taxes de 10 % à 25 % contre plusieurs pays européens”, 19 janvier 2026, idéal-investisseur.fr, Rédaction.

  • “Les nouvelles menaces de Donald Trump sur l’Europe font …”, 19 janvier 2026, L’AGEFI, Xavier Diaz & Johann Corric.

  • Europe Should Tax American Digital Services, 19 janvier 2026, Sovereign Magazine, Darie Nani.

Crédit Photo
« Server room » by torkildr is licensed under CC BY-SA 2.0.

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