La souveraineté numérique s’impose de nouveau dans l’agenda européen, portée par un contexte géopolitique tendu et une dépendance structurelle aux hyperscalers américains. Début février, la Commission européenne a confirmé l’accélération des travaux autour du “EU Cloud Rulebook” et du futur cadre de certification cyber européen, en complément du règlement NIS2 désormais transposé dans plusieurs États membres. L’objectif est clair : renforcer le contrôle des données sensibles, harmoniser les exigences de cybersécurité et réduire l’exposition extraterritoriale liée au Cloud Act américain. Dans le même temps, plusieurs gouvernements — dont la France et l’Allemagne — réaffirment leur soutien à des offres dites “cloud de confiance”, combinant technologies internationales et gouvernance européenne.
En France, l’ANSSI et la DINUM poursuivent la structuration du référentiel SecNumCloud, devenu un marqueur stratégique pour les projets publics et les opérateurs d’importance vitale. Les dernières prises de position gouvernementales insistent sur la nécessité de privilégier des infrastructures localisées sur le territoire européen, opérées par des entités soumises exclusivement au droit européen. Ce positionnement intervient alors que les entreprises doivent composer avec une pression réglementaire accrue : DORA pour le secteur financier, NIS2 pour les entités essentielles, et le futur Cyber Resilience Act qui imposera des exigences de sécurité dès la conception des produits numériques.
Au-delà du cadre réglementaire, la question est désormais économique et opérationnelle. Selon les chiffres publiés récemment par Eurostat et relayés par plusieurs médias spécialisés, plus de 45 % des entreprises européennes utilisent des services cloud, mais une large majorité repose sur des fournisseurs non européens. La souveraineté ne signifie pas autarcie technologique, mais capacité à maîtriser l’architecture, la gouvernance des données et les plans de réversibilité. Pour les DSI, cela implique une cartographie précise des flux de données, une contractualisation robuste (clauses de réversibilité, localisation, chiffrement), et une supervision renforcée des environnements hybrides.
Cette évolution redéfinit les arbitrages d’infogérance. Les organisations recherchent désormais des partenaires capables d’orchestrer des environnements multi-cloud, d’intégrer des briques souveraines lorsque nécessaire, et d’assurer une conformité continue face à des normes mouvantes. La souveraineté devient un sujet d’architecture : segmentation réseau, chiffrement bout-en-bout, PRA/PCA localisés, supervision SOC 24/7 et traçabilité des accès. Elle suppose également une maîtrise fine du câblage et de la connectivité pour sécuriser les flux physiques, souvent négligés dans les stratégies cloud-first.
Pour les entreprises et les acteurs publics, la souveraineté numérique ne se résume donc pas à un choix d’hébergeur : elle s’inscrit dans une stratégie globale mêlant gouvernance, cybersécurité, connectivité et pilotage contractuel. En accompagnant ses clients dans la conception d’architectures maîtrisées, la sécurisation des infrastructures, l’infogérance multi-environnements et la mise en conformité réglementaire, ANTARES s’inscrit concrètement dans cette dynamique de souveraineté opérationnelle, sans dogmatisme mais avec une exigence forte sur la maîtrise des systèmes d’information.
Sources
- “Commission proposes EU Cloud Rulebook to strengthen digital sovereignty”, 8 février 2026, Politico Europe, Pieter Haeck
- “NIS2 Directive: Member States accelerate transposition amid cyber threats”, 14 février 2026, Euractiv, Samuel Stolton
- “France pushes for ‘cloud de confiance’ strategy in public sector IT”, 12 février 2026, Les Echos, Alexandre Counis
- “Nearly half of EU enterprises use cloud computing services”, 6 février 2026, Eurostat, communiqué officiel
Image généré par IA


